L’interview de Marie Sallantin

Marie Sallantin, Forêts, maternité, 2016, tempera sur toile, 50 x 50 cm

Marie Sallantin, Forêts, maternité, 2016, tempera sur toile, 50 x 50 cm

Si l’on s’en tient aux enjeux et aux qualités proprement picturales, à la peinture elle-même, « parler peinture » est un exercice difficile. Dans cette configuration, Marie Sallantin s’exprime avec aisance et précision. Par ailleurs, et les deux vont rarement de pair, elle peint admirablement.En réalité Marie Sallantin est un cas, et dans la tribu des peintres, des peintres qui vivent dans l’idéal de la peinture, je n’avais jamais rencontré quelqu’un comme elle.
Ses réponses au questionnaire devraient établir l’originalité et la cohérence de ses propos.Par contre, les reproductions intégrées dans cette interview ne suffiront sans doute pas, ne serait-ce que par leurs petites dimensions et leur faible nombre, à illustrer la richesse et la qualité de son travail. Ainsi, en préparant ce papier, j’ai été confronté à la profusion ou plutôt à l’abondance de ses travaux : ne retenir qu’une demi-douzaine de toiles à constitué, ce n’est pas si fréquent, un véritable dilemme.
Il y aurait beaucoup de choses à dire sur la peinture de Marie Sallantin, sur sa liberté, sur sa sensibilité, ou — pour s’en tenir aux qualités proprement picturales — sur les grands contrastes de couleurs, de formes, de valeurs, de directions  ou encore de proportions, qu’elle amène dans ces compositions colorées sans jamais en sacrifier l’unité.
Dans ce registre, j’ai été particulièrement sensible à ses audacieux contrastes de teintes. Ainsi dans Forêts, maternité, 2016, la toile qui ouvre cet article, la lumière naît du contraste du jaune et des bleus et la
couleur devient cette belle lumière qui unifie et vivifie la toile.

 

J.L. Turpin : quelle est ta formation ? As-tu, par exemple, fréquenté une école d’art ? Dans l’affirmative, quelle école et qu’y as tu appris ?

Marie Sallantin : lorsque je passais devant l’ENSBA rue Bonaparte, je pensais que ce lieu me serait fermé à tout jamais alors que j’en avais connu bien d’autres lors de mes études parisiennes (maîtrise de Sociologie et Sciences Politiques). Non ! Ce n’était pas pour moi ! Pourtant l’atelier de Bertholle m’a accueillie en 1977 et ce fut un grand jour dans ma vie que de rencontrer quelqu’un qui m’initierait à la peinture car la peinture demande cela que peu de gens admettent.

Marie Sallantin, Dame et licorne, dans le jardin de Bonnard, 1991, acrylique sur toile, 80 x 80 cm

Marie Sallantin, Dame et licorne, dans le jardin de Bonnard, 1991, acrylique sur toile, 80 x 80 cm


J.L. Turpin : école ou pas, as-tu fait une rencontre providentielle sur la voie étroite qui mène à la peinture ? En d’autres termes as-tu bénéficié des bons offices d’un passeur ?

Marie Sallantin : on est tous des artistes ou des peintres n’est-ce-pas ? Je savais instinctivement que la peinture exigeait au contraire une initiation auprès d’un maître et j’étais impatiente car j’avais déjà passé les 30 ans. Comment faire son chemin au vu de la richesse et la diversité de l’héritage ? Sans un maître, c’était se casser à coup sûr la figure dès le commencement ! Ils furent Jean Bertholle et  peu après Louis Nallard.
Ma première exposition rue des Beaux Arts s’intitulait « Quatre élèves de Jean Bertholle ». C’était en 1979.

 

J.L. Turpin : quels sont les peintres qui t’on influencée, à quel moment et dans quelle mesure ?

Marie Sallantin : il m’est impossible de répondre à cette question tant j’ai subi des influences. Parfois elles se voient dans un même tableau. J’ai fait de nombreux hommages à des grands peintres.
Si je retiens les seules saisons, j’ai mis au début mon travail sur le printemps à l’ombre de Seurat, L’après midi à Asnières de la National Gallery. Celui de l’Automne est marqué par une grande œuvre de Corot vue à Vienne, les chiens viennent de Rubens mais pour le couple l’homme vient de Spranger (peintre que je n’aime pas du tout) et la femme de Tintoret, par ses ondulations. Pour l’hiver j’étais partie d’un motif de Raphaël vu dans les collections de Chantilly, pour le grand été d’une position accroupie de Rodin vue à Munich, mais des arbres de Monet dans le déjeuner sur l’herbe, etc. Vingt ans plus tard, dans les grandes saisons, j’ai oublié ces influences, j’ai suivi mon instinct tant j’ai travaillé sur le thème de la compagnie de Vénus, les arbres, les reflets, les baigneuses dont les attitudes permettent l’usage du contrepoint.
Le travail sur l’enfer, la résurrection de la chair, est influencé par la peinture flamande, Rogier van der Weyden, celui sur la Divine Comédie par les dessins de Botticelli et de Stradano ; dans les encres, Signorelli et aussi la peinture chinoise.
Dans ma peinture il y a pas mal de va-et-vient entre le terrestre et le céleste avec des anges (Delacroix appelait cela des « enchâssements »), ce qu’on trouvait  si souvent dans passé, mais je ne sais où ils se sont enfuis aujourd’hui… J’aime cette fantaisie dans le travail de l’espace et de ses directions et c’est aussi la part du rêve.
Loin de moi toute « variations sur » ou collages, je pense qu’il s’agit plutôt de prendre des appuis chez les peintres.

Marie Sallantin, Nymphes et univers, 1995, tempera sur toile, 150 x 150 cm, collection particulière

Marie Sallantin, Nymphes et univers, 1995, tempera sur toile, 150 x 150 cm, collection particulière


J.L. Turpin : des artistes incontestables, comme Staël et Giacometti, ont affirmé que ― d’une certaine manière, on peut peindre n’importe quoi. À chacun ses sources d’inspiration, ses sujets de prédilection. Quels sont les tiens ? Je pense ici aux éléments du monde visible ou d’un monde intérieur qui nourrissent ton travail.

Marie Sallantin : au début cette question ne se posait pas pour moi, mais plutôt celle d’organiser mes sensations car il y en avait beaucoup trop devant la toile blanche ! Comment m’y prendre ?  Quels choix faire devant tant de possibilités ? Puisque tu cites ces deux peintres admirés, fallait-il accepter l’influence de Staël ? Refuser celle de Giacometti ? Si on me proposait aujourd’hui de revivre ces moments si éprouvants, je prendrai la fuite ! J’ai lu quelque part que de tels choix étaient une question de vie ou de mort. Ce n’est pas exagéré.
Oui ! On peut peindre n’importe quoi si on a mis de l’ordre dans ses moyens d’expression.
Il me semble que c’est cela le plus difficile et qu’il y faut du temps, c’est long.
Il existe beaucoup de procédés pour éviter de se confronter… à quoi ? Au vide, au néant, à l’ennui,  à notre condition mortelle donc au temps afin d’y opposer autre chose que l’on porte en soi, un espace à conquérir.
Saint Simon associait la jouissance et le fait de « s’espacer… »


J.L. Turpin : peux- tu évoquer le processus créatif ? Pour le dire autrement, quelle est ta démarche ou ton fonctionnement dans l’atelier et, le cas échéant, hors de l’atelier ?

Marie Sallantin : j’ai envie de dire que c’est un processus sauvage.
Qu’il s’agit de conquérir la paix mais je ne connais guère de peintres tranquilles.
Une peinture en appelle une autre. Comment être satisfait ? Pourtant dans l’atelier il y a des
moments de joie après un dur travail lorsque le tableau se lève et qu’il vous fait signe.

Marie Sallantin, Nymphes et univers 1995 (2), tempera sur toile, 195 x 130 cm

Marie Sallantin, Nymphes et univers 1995 (2), tempera sur toile, 195 x 130 cm


J.L. Turpin : à ton avis, existe-t-il des critères qui permettent d’évaluer la valeur artistique d’un tableau ? En tout cas
quelles sont les qualités que tu cherches aussi bien dans tes œuvres que dans celles de tes pairs ?

Marie Sallantin : évidemment ! Ou alors  c’est quitter le champ de l’esthétique qui obéit à des valeurs pour entrer dans le champ dit artistique qui lui, obéit aux décisions arbitraires du milieu de l’art, c’est à dire à des stratégies de reconnaissance. Je fais exception de l’art brut ou singulier dont ce n’est pas la préoccupation ni d’être évalué, ni d’être reconnu comme art. Ces expressions témoignent surtout de la créativité incessante et surprenante des humains et se fichent bien du reste.
Pour moi la peinture est une quête de la beauté car comme le dit Georges Strehler, « Giotto m’appartient, Masaccio m’appartient, Leonard m’appartient, ils me disent je ne suis pas seulement coupable de meurtre »
Devant notre barbarie, la peinture comme un baume.
Que signifierait la recherche de  la Beauté sans celle de l’harmonie !
Les peintres savent qu’il faut marier les contrastes sans nuire à l’ensemble.
Vous en parlez très bien sur ce site ce qui n’est pas si fréquent.
Pour juger d’une œuvre, regardons ce qui se joue en termes de picturalité et de plastique.
Les solutions sont innombrables ! La preuve  en est la très riche histoire de cet art ! La peinture est loin d’être finie tant ses moyens sont encore à explorer! Une peinture sans ambition ne retient guère mon intérêt. Il faut beaucoup dessiner devant des grands maîtres pour entrevoir leur science. J’ai vu que l’exemple de Delacroix (L’entrée des croisés à Constantinople) avait été retenu dans ton site. J’y ai passé moi-même du temps devant ce tableau magistral (un croquis sommaire accompagne son analyse elle aussi sommaire dans mon mémoire de maîtrise 1992). Les grandes compositions comme celle de Raphaël à la villa Farnesina à Rome, ou Tintoret à Venise, m’impressionnent particulièrement. Chaque peintre met en jeu son génie propre. La peinture est un langage si puissant  lorsqu‘elle prend toutes les audaces et si plat lorsqu’elle radote des formules toutes faites…..

Aujourd’hui m’intéressent les peintres qui, riches d’une expérience moderne, affrontent la figuration car c’est une prise de risque qu’il ne me semble pas trouver dans des peintures abstraites. En effet comment concilier le « lâcher prise » de l’inconscient  (l’aventure passionnante de l’abstraction moderne) et une intention de figurer  présente dans toute l’histoire des peintres ? L’illustration ne risque-t-elle pas de l’emporter sur la peinture? Le peintre est face à une question de puissance et d’impuissance. Je pense qu’il vaut mieux reconnaître sa faiblesse pour accueillir ce qui advient.

Marie Sallantin, Petite nuit perdue, 1988, acrylique sur toile, 120 x 60 cm

Marie Sallantin, Petite nuit perdue, 1988, acrylique sur toile, 120 x 60 cm


J.L. Turpin : depuis des décennies, le critique d’art contemporain, que l’on ne confondra pas avec le critique d’art, considère que la peinture est une forme d’art dépassé. Ce qui revient à considérer que le peintre a perdu toute légitimité. On laissera au critique d’art contemporain la responsabilité de cette théorie, mais, en tant que professionnel, quel est  ton avis sur l’état du monde de la peinture, du monde actuel de la peinture.

Marie Sallantin : quel amusant distinguo entre critique d’art et critique d’art contemporain !
La confusion est souvent entretenue, comme celle entre art actuel et art contemporain. Il faut lire Christine Sourgins qui en a fait le tour complet dans son livre « Les mirages de l’art contemporain ». Si  on ne veut pas faire l’effort de cette lecture instructive, retenons ce terme de mirage ou de gaz… L’art contemporain s’effacera sans laisser de traces et les gens qui le maintiennent le savent. C’est la raison pour laquelle il y a un tel acharnement à mettre leurs collections dans les plus grands musées du monde ou tout à côté… Suivez mon regard.
Maintenir cette confusion entre art et non art quand on tient la programmation des grands musées publics est une honte. L’addition sera lourde pour la transmission aux générations suivantes si cette confusion se poursuit entre art et mode ou divertissement. Personnellement je la ressens comme une grande violence faite à l’art, donc à l’humanité.

Marie Sallantin, Grand été, 2019, tempera sur toile, 187 x 210 cm

Marie Sallantin, Grand été, 2019, tempera sur toile, 187 x 210 cm


J.L. Turpin : est-ce que la contemporanéité, l’ancrage dans l’époque actuelle, te préoccupe ? Si c’est le cas, comment cette préoccupation se traduit-elle dans ton travail ?

Marie Sallantin : Oui cela m’a toujours interpellée !
Pourquoi poursuivre la peinture à rebours des choix de son temps ? Bêtise de ma part ? Entêtement en tout cas…
J’ai écrit là-dessus pour chercher à comprendre ce ressentiment contre la peinture des peintres. J’ai compris qu’il y avait une incompatibilité entre le territoire de l’art contemporain (les successeurs de Duchamp) et celui des peintres (les amis de Baudelaire).
C’est la guerre ! Une guerre faite aux peintres dans le pays des peintres, les musées. J’y vois un vandalisme soft, perçu comme allant de soi. C’est une manipulation dont les conséquences sont très graves pour la transmission. Le sens disparaît avec la perte de repères.
Son territoire si menacé m’a sans doute mobilisée. J’ai vu très vite combien le choix des suiveurs de Duchamp, un choix de nos institutions, avait été une erreur bien plus grave car plus longue sur la durée que celle d’avoir manqué les impressionnistes.
Maintenant – mais c’est bien tard ! – on s’aperçoit que l’art contemporain est un art académique, terriblement ennuyeux, donc sans aucun avenir ni prestige, alors que sa cote est encore au plus haut.
Position difficile à tenir !
À suivre donc….

Marie Sallantin, Forêts, compagnie de Vénus (n°2), 2018, tempera sur toile, 64 x 92 cm

Marie Sallantin, Forêts, compagnie de Vénus (n°2), 2018, tempera sur toile, 64 x 92 cm

 

Interview de Marie Sallantin réalisé en novembre 2019 pour sur-la-peinture.com
Le cas échéant citez vos sources.

 

Encore plus de Marie Sallantin ?

Le site de Marie Sallantin

Le livre de Marie Sallantin : Marie Sallantin, Vénus, Carnets d’atelier 1993-2002 (extraits), Paroles de Peintres, Monts déserts, 2017

Enfin quelques vidéos :

La Peinture au Sommet de Ma Joie, Marie Sallantin expose à La Tour de Vesvre

Dame et licornes

David Foenkinos et Marie Sallantin

10 réflexions au sujet de « L’interview de Marie Sallantin »

  1. clementine odier

    renoir disait qu’on peignait pour quelques amis peintres, marie sallantin fait partie de ceux-là;
    ces propos sont lumineux, je ne suis pas sûre de partager son optimiste quant aux prises de conscience concernant l’art contemporain. (la dernière phrase de son interview)

  2. Fournier

    Passionnant état des lieux de la peinture et perspectives très intéressantes sur le processus créateur chez Marie Sallantin avec notamment cette réflexion et ce travail à partir d’oeuvres de la tradition picturale qui l’ont inspirée. Tout oeuvre d’art véritable a besoin de racines, elle doit nécessairement puiser dans le passé, dans la tradition qui est une source vivifiante pour tout créateur à condition, comme Maris, qu’il sache faire du « nouveau » à partir d’elle. Et puis j’ai particulièrement apprécié aussi les critiques contre l’art conceptuel qui est un alibi à la vacuité de la pensée créatrice et à l’absence de sensibilité artistique. C’est ce que l’on constate à l’envi avec les musiques conceptuelles qui masquent derrière des idées souvent assez pauvres l’impuissance des compositeurs à écrire de la musique. Un peintre qui est conscient de ne pas savoir peindre (mais bien sûr il ne le reconnaît pas) se réfugie dans la glose pauvrette sur ses installations .

  3. guillaume beaugé

    Marie Sallantin est une vraie peintre qui se bat depuis quarante ans pour sa peinture et la peinture …Elle en parle bien et clairement,aussi clairement qu’elle raconte ses histoires ingénues avec un grand sens pictural ..Coloriste née , elle reinvente un dessin moderne sobre et concis qui l’apparente aux fauves du debut du siècle…
    Sa peinture simple,est pleinement dans son siècle ,et ne peut que s ‘opposer à toutes les facilités et tous les bidouillages actuels qui ont envahi notre monde professionnel surtout depuis 30 ans . Cette facilité a tellement proliféré qu’elle submerge la quasi totalité de notre métier … et il est difficile d’en échapper avec la proliferation nouvelle des écrans …
    Merci aux voix comme la votre et celle de Marie … qui essaient d’expliquer calmement et avec talent les fondamentaux du metier .. G.B.

  4. Leininger

    Juste un petit mot concernant cet interview. J’aime bien ce que est dit à quelques exceptions prêt :
    – Marie Sallantin opposes figuration et abstraction en ne reconnaissant de prise de risque qu’au peintre de la première catégorie !
    C’est un peu réducteur. La peinture ne se résume pas à la figuration dans la lignée des grands prédécesseurs cités. Certes je partage ce point de vue face aux « artistes » conceptuels, mais que dirait-on de peintres comme Rothko ou Mothewell pour ne citer que ceux là.
    Pour moi l’intérêt d’un tableau est aussi dans l’émotion qu’il provoque !
    – Je partage son point de vue sur la guerre qui a été faite aux peintres à une certaine époque, comme quoi la peinture est dépassée et que plus rien d’intéressant ne peut être fait avec ce médium. On a vue, par exemple, des Dokumentas sans aucune peinture, mais ce sont bien les conservateurs qui sont la cause d’une telle dérive ! Cet anathème sur l’art contemporain me parait trop réducteur, il faut plutôt le recentrer sur le marché de l’art et cette dérive des conservateurs qui pilotent nos institutions.

  5. Melchior Isabelle

    J ‘étais justement avec Marie au musée d’Orsay, lorsque apercevant avec effrois et un réflexe de recul des grandes toiles grises d’un peintre chinois contemporain, nous nous sommes dit que ces toiles n’avaient rien à faire dans ce musée consacré aux Grands Maîtres français du 19 ème siècle , Heureusement pour notre sensibilité , nous nous en sommes détournées immédiatement remplis d’un sentiment moi de tristesse et Marie de révolte.

  6. guillaume beaugé

    On ne peut que difficilement parler de peinture en général….,et pas plus de peintres … C’est un art « férocement  » individuel ,même s’il s’adresse a tous….,bien évidemment .. Je veux bien personnellement defendre LA PEINTURE,…. mais pas Yan pei Ming , qui n’est qu’un faiseur .. !!! comme tant d’autres ..!!! Je veux bien parler de la légitimité de cette pratique actuelle , mais pas cautionner tous ceux qui la pratiquent .car ce serait un non-sens … C’est effectivement la difficulté de ce militantisme actuel..
    Je ne jetterais pas non plus l’opprobre sur ce qu’on peut appeler le refus de la figuration, car si nous savons bien, depuis Gauguin, que l’art « est avant tout une Absraction, » l’époque dite modernes nous a particulièrement surpris par de tres belles et légitimes inventions , d’un espace autre que celui plus visuel de nos grands anciens … Alors …peignons le mieux possible …et essayons de faire entendre notre voix…picturale …dans ce foutu brouhaha général !!!! Guillaume Beaugé .

  7. Sallantin marie

    Je n’ai pas opposé abstraction et figuration car cette opposition n’aurait pas de pertinence. J’ai revu aujourd’hui à Beaubourg un paysage de Vlaminck de 1906 où un équilibre se trouve entre les deux , l’intention figurative et sa transcription picturale et plastique, comme si cela venait en même temps , et cela dans une écriture complètement inventée pour l’époque. Un tour de forces. L’ambition de chercher aujourd’hui un tel accord , particulier aussi à chaque peintre, me semble inclure une nécessité , celle d’inventer d’une part (et c’est excitant !) , et celle de renouer le fil avec ces grands peintres de la modernité . Ce fil a été perdu à cause d’une idéologie dominante , régnant encore dans les grands musées, celle de ceux qui se prétendent les héritiers de Marcel Duchamp . Certes on parle d’un retour de la peinture mais c’est une posture , un discours creux avec des choses bruyantes et gigantesques qui abusent le public sur le parvis des grands musées et dans les étages. L’objectIf : intimider et abrutir.

  8. Bougerol Anne-Marie

    L’interview de Marie Salantin est passionnant et formidable de clarté et d’authenticité. De force de conviction aussi pour le combat à mener! Comme elle, je ressens « l’art divertissement comme une grande violence faite à l’art et donc à l’humanité ». Si ça existait « à côté » ça ne serait pas trop grave mais « à la place », c’est scandaleux et dramatique, surtout quand les Musées cautionnent!

  9. Sophie Mathilde Tauss

    Clarté, précision,ancrage dans la tradition pour mieux
    s ‘en dégager …irrefutable et ,oh combien ,legitime posture à propos de la « bouffonnerie de l art contemporain « ….
    je reconnais bien tous les grands combats de Marie dont la palette a pris ,en quatre decennies,avec bonheur ,toute la richesse des couleurs de la vie et du temps…
    liberté et légèreté en gravité. ..un chemin de justesse vers la beauté. ..qui fait du bien…je suis heureuse et honorée d ‘avoir pu exposer il y a deja bien longtemps avec toi…

  10. SALLANTIN

    Une exposition personnelle approche à la galerie Peinture Fraîche , du 3 au 14 novembre , un an après cet interview avec Jean-Louis Turpin. Ce sera l’occasion d’une rencontre « pour de vrai » (plutôt que des images virtuelles qui défilent à l’écran comme éclairées par derrière) . En effet, la peinture a une densité , une matérialité particulières à chaque peintre et comme il y en a toujours un qui se pointe , dire d’une part que c’est un art dépassé et d’autre part qu’elle est de retour comme par magie, c’est la même signature d’un cynisme sans limite .
    GALERIE PEINTURE FRAÎCHE
    29 RUE DE BOURGOGNE 75007 PARIS
    A noter que le VERNISSAGE , le 3 novembre est à partir de 15H
    tel de la galerie 01 45 51 00 85

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