Picasso a-t-il un cœur ?

Picasso Pablo, Le chat et l'oiseau, avril 1939, huile sur toile, 96,5 x 128,9 cm, Collection particulière, New York

Picasso Pablo, Le chat et l’oiseau, avril 1939, huile sur toile, 96,5 x 128,9 cm, Collection particulière, New York

Une foutue question

Picasso a-t-il un cœur ? Voilà une étrange interrogation, une foutue question ! J’imagine que je vous dois quelques explications.
Il y a quelques années, privé d’atelier, j’ai entamé cette longue dissertation sur le 3e art. J’avais en ligne de mire un petit fascicule illustré par dix ou quinze reproductions. J’avais comme matériaux, un petit carnet de notes prises dans l’atelier et quelques citations. Je voulais parler de peinture, de la peinture telle qu’elle m’avait été révélée. Je voulais rapporter des méthodes qui s’étaient vérifiées dans la durée, mais aussi un état d’esprit qui me semblait approprié à la pratique de cet art exigeant. J’ai rapidement remarqué un gouffre, en tout cas un fossé, entre ces thèses le plus souvent partagées avec mes ex-camarades d’atelier et ces mêmes thèses publiées sur Internet. C’est-à-dire proposées au regard sans affect, en réalité plus distant, plus critique, de l’éventuel lecteur. C’est ainsi que mes convictions les plus fermes, les plus longuement mijotées, vérifiées dans l’atelier et le musée, me semblaient soudain fragiles. Elles le sont peut-être. En tout cas, je dois à chaque fois retracer et élargir le champ de mes cogitations.

C’est exactement de cette façon que la foutue question, qui ouvre cet article, m’est venue et ne m’a plus quitté. J’avais fait mien ce postulat depuis des lustres : le tableau existe et consiste s’il possède des qualités formelles associées à une vraie sensibilité. Il était pourtant à peine posé, que je ne le trouvai plus si évident à défendre et à développer. J’entamais alors la rédaction d’un billet intitulé L’indispensable part d’humanité et mon équation se vérifiait sans peine auprès des grandes figures de la peinture que sont le Greco, Rembrandt, Giotto, Van Gogh ou Bram van Velde. Il m’a paru moins facile de trouver l’intériorité, la générosité et l’émotion, chez des pointures comme Rubens, Manet, Courbet ou justement Picasso. Le diable m’emporte, je ne pouvais faire l’impasse sur cette contradiction.
Pour en parler, j’ai gardé Picasso. C’est une référence qui ne peut être effacée des tablettes de ce blog, un membre de La liste. Dans l’article à peine commencé et intitulé L’indispensable part d’humanité, son Autoportrait de 1907 s’intégrait sans heurt après les autoportraits du Greco et de Rembrandt. Bien qu’il ne s’agisse que de reproductions, je voyais là un signe favorable, un genre de bénédiction.
Pour amorcer cette réflexion, j’ai fais mentalement l’exploration du musée Picasso. Durant cet exercice, un genre de révision, il m’a semblé distinguer des toiles dures dans la forme et dans la coloration. Ces tableaux qui me piquaient les yeux présentaient souvent d’évidentes qualités plastiques, mais je n’y trouvais pas le quota d’humanité recherché.

Picasso Pablo, Homme au chapeau de paille et cornet de glace, 1938, huile sur toile, 61 cm x 46 cm, Musée Picasso, Paris

Picasso Pablo, Homme au chapeau de paille et cornet de glace, 1938, huile sur toile, 61 cm x 46 cm, Musée Picasso, Paris

J’avais maintenant la vision d’un peintre féroce et, dans tous les cas, pas celle d’un peintre pétri d’humanité. Il s’agissait sans doute d’une image réductrice, mais le doute persistait : peut-on trouver le cœur de Picasso dans ses tableaux ?

Un foutu peintre

Avant d’aller plus loin, il me faut énoncer la clause inaliénable qui me lie à cet artiste. Quoi que j’ai déjà écrit et que je puisse écrire dans la suite de cet article, Picasso un est un grand, un fameux, un foutu peintre !
Il est peut-être superflu de le souligner car cet artiste n’est plus seulement l’idole d’un puissant club de supporters, mais une super star, une institution. Sa vision a contribué à forger celle de plusieurs générations et, aujourd’hui, il a finalement rejoint Cézanne et Monet dans le cœur de nos contemporains.

Le Parisien, Le succès au rendez-vous pour la FIAC et le musée Picasso, Photo Matthieu de Martignac

Le Parisien, Le succès au rendez-vous pour le musée Picasso, Photo Matthieu de Martignac

Ajoutons par simple précaution, par routine en quelque sorte, qu’avec Picasso c’est toujours de peinture qu’il s’agit. Sa priorité n’est pas d’illustrer, de décorer, d’expliquer, de promouvoir ou d’inciter… La peinture est bien sa véritable mission et il possède dans sa collection un lot conséquent d’œuvres exceptionnelles. Pour illustrer cette affirmation, je vous présente — choisie parmi cent — cette Nature morte sur une table devant une fenêtre ouverte.

Picasso Pablo, Nature morte sur une table devant une fenêtre ouverte, 1919, huile sur toile, 10,5 x 60 cm, Musée Picasso, Paris

Picasso Pablo, Nature morte sur une table devant une fenêtre ouverte, 1919, huile sur toile, 10,5 x 60 cm, Musée Picasso, Paris

Avant de délivrer mon bref commentaire, je vous propose une citation d’André Lhote. Elle est destinée à une toile de Cézanne (le Portrait de Joachim Gasquet), mais habillera parfaitement ce tableau de Picasso :

« Le peintre le plus féru de lui-même ne peut que s’enthousiasmer et se désespérer devant cette merveille de force aérienne. »
André Lhote, Les invariants plastiques, Hermann, Miroirs de l’art, 1967 (1948), p. 42

La toile retenue, sobre et dense dans sa couleur, maîtrisée et équilibrée dans sa forme, force effectivement l’admiration. Derrière une apparente simplicité, s’ouvre une étendue plane, large et silencieuse.

La multitude des œuvres

Lorsque l’on parle de Picasso, il est important de considérer que cet artiste boulimique a laissé non pas quelques centaines, mais quelques milliers d’œuvres. Cette profusion donne matière à réflexion. Elle explique cette connaissance toujours incomplète que l’on a de son travail. Il existe des exceptions, mais la majorité d’entre nous n’a vu de ses yeux qu’un faible nombre de ses tableaux. Plus que jamais, tout jugement précipité est donc à éviter. Le fanfaron découvrira sans cesse de nouveaux Picasso qui l’amèneront à réviser ses positions.

Oublions maintenant le protocole et écrivons-le sans plus de formalités : il existe de mauvais Picasso. La catastrophe des peintres renommés est proportionnelle à leur talent, mais ils commettent parfois des toiles sans grand intérêt. Le Titien ou Cézanne  eux-mêmes, des épées, des géants, sont faillibles, pourquoi s’en étonner ? Cette réalité est pourtant niée sitôt l’artiste consacré et toute toile accrochée dans le musée est immédiatement sanctifiée. Cet  usage bien ancré amène le visiteur occasionnel à inverser la notation et à bouder une œuvre entière sur la base de trois tableaux mal accrochés ou mal éclairés. Je reviendrais sur ce point dans L’œuvre essentielle. Admettons pour l’instant que l’œuvre de Picasso est inégale. Si cette affirmation vous paraît incongrue, ne la balayez pas d’un revers de main. D’autant, qu’au regard de sa production colossale, le problème est vraisemblablement plus aigu pour lui que pour ses pairs. Une telle déferlante, quatre-vingt ans de peinture et parfois plusieurs tableaux dans la journée, il y a forcément des loupés. Bien malin, malgré tout, celui qui fera le tri dans la profusion des œuvres de Picasso.

 

Les ennemis de Picasso

Picasso a bien sûr de nombreux amis, des admirateurs inconditionnels. Il a inspiré de nombreux artistes et impressionne toujours les spécialistes. Cependant, Picasso a toujours compté de nombreux détracteurs. À ce niveau, c’est même un genre de record qu’il détient. Je ne pense pas à ceux qui le considèrent, encore aujourd’hui, comme un maladroit, un imposteur, car parmi les détracteurs de Picasso, je choisi les connaisseurs.

Il est des peintres et des amateurs éclairés qui n’ont pas assez de mots pour faire l’éloge de Rembrandt, du Greco, de Goya, de Manet, de Braque ou encore de Rothko, mais qui réservent le silence ou la colère à Picasso. Staël et Giacometti, qui plaçaient Braque à la droite de dieu, parlent très peu de Pablo. Je n’ai pas de statistiques à proposer, mais j’ai souvent ressenti cette indifférence ou cette méfiance, suffisamment, en tout cas, pour l’affirmer : dans la catégorie des « supers lourds » un sort particulier est réservé à Picasso.
Dans un souci d’ordre pratique, logistique, j’appellerai ces connaisseurs les ennemis de Picasso. N’oubliez pas ce label un peu fantaisiste. Il désigne les férus de peinture, les passionnés, qui ont du mal avec cet artiste paradoxal. Son statut de super star ne le mets pas à l’abri de ce genre de contradicteurs, rarement impressionnés par la renommée.

Je ne convoque pas les ennemis de Picasso pour établir un complot ou quelque chose de ce genre. Vous allez voir, ce rejet — dont la force m’a toujours étonnée, est significatif dans le cadre de cet article. Il n’est pas sans lien avec le postulat que je renouvelle ici : dans ses tableaux, le peintre doit apporter la densité, l’unité, l’accord coloré… mais aussi une part d’humanité.
Si nous trouvons le cœur de Picasso dans ces tableaux nous validons cette idée, car parmi les peintres des peintres, il est — à priori — le meilleur des contres exemples, l’épine qui se plante tout de suite dans le pied dès que ce postulat est énoncé.

D’une certaine manière, ce sont vos ennemis qui vous connaissent le mieux, leur regard est en tout cas plus incisif. En sondant le cœur de ces derniers, je devrais trouver quelques unes des clés qui me permettrons d’avancer et de promouvoir la thèse un peu banale, mais essentielle, que je viens de rappeler.

 

Qu’est-ce qui chagrine les ennemis de Picasso ?

Dans le cadre de cet article, une fois prise en compte la prudence qu’appelle la multitude des œuvres, que peut-on dire de Picasso ?

Enchaînant les natures mortes dès l’âge de sept ans, réalisant des toiles de maître dès quatorze ou quinze ans, Picasso était un cousin de Mozart, un prodige du domaine pictural. Sa liberté, souvent chantée, est le produit de sa vitalité et de cette grande maîtrise du métier.
Picasso c’est aussi et souvent la surprise : cinquante ans après sa mort, il continue de nous étonner. Combien de fois suis-je resté sur le cul face à un Picasso que je ne connaissais pas ? Ainsi j’ai découvert récemment les Coupelles tauromachiques exposées au musée d’art moderne de Céret. Comment a-t-il fait pour exprimer avec autant de bonheur, sur un genre d’assiette, en deux taches et trois traits, le taureau, le picador le soleil et la mort ?
Dans son œuvre, vous trouverez la cohérence, l’inventivité etfréquemment,  la fulgurance ; même ses pires ennemis ne peuvent lui contester ce genre de qualités.

 

Picasso Pablo, La Femme qui pleure, 18 octobre 1937, huile sur toile, 55,3 x 46,3 cm, Musée Picasso, Paris

Picasso Pablo, La Femme qui pleure, 18 octobre 1937, huile sur toile, 55,3 x 46,3 cm, Musée Picasso, Paris

C’est en partie à l’intention de ces derniers que j’ai choisi La femme qui pleure. C’est un Picasso très différent du précédant. La Nature morte sur une table devant une fenêtre ouverte aurait pu être l’œuvre de Braque ou de Derain. Voilà maintenant un pur Picasso, une toile à la fois intense et évidente qu’il était le seul à pouvoir engendrer.

Voyez le juste rapport de toutes les surfaces colorées, c’est-à-dire l’illustration du principe irréductible de la composition. Voyez  l’inscription dans Le format et L’unité, deux des qualités constitutives qui font les tableaux. Maintenant parlons un peu de la couleur. Un jaune et un violet, modulés dans leur surface, leur dessin et leur intensité… Deux couleurs bien amenées qui s’accordent et se rehaussent. Des tons, d’un blanc légèrement rompu à un noir profond, complètent cette palette dense et sobre. Voyez aussi la figure elle-même, La femme qui pleure. Sa tête a quelque chose de tellurique et d’abyssal. Plus concrètement, un réseau serré de lignes — modulées dans leur épaisseur — dessinent son visage et donnent l’exemple parfait du trait expressif. Observez encore les traits qui définissent le visage de Dora Maar, ils sont accordés, pleinement associés, aux aplats violet du fond. Picasso réussi là l’improbable mariage du graphique et du pictural.

Même les détracteurs du maître ne manqueront pas de s’incliner, car ce tableau est une totalité irréductible. Mais, ce n’est pas ce tableau là ou même une période particulière qui est en jeu, ils se méfient de l’œuvre entière.
Qu’est-ce qui chiffonnent les ennemis de Picasso ? Pour reprendre la formule consacrée, ils ne mettent pas en cause « le créateur exceptionnel ». Ils lui reprochent sans doute d’être un peu pressé, trop confiant, d’avoir parfois cédé à la facilité. C’est vrai, mais ce n’est pas suffisant. Quelqu’un qui aime et comprend la peinture — dans toute la mesure où il est possible de la comprendre — est en principe bien placé pour admettre les inégalités de ce peintre bouillonnant. Alors, qu’est ce qui les chagrine vraiment ? Il m’est progressivement venu une explication, le moyen d’établir un rapport, un lien, entre cette animosité tenace et la somme d’humanité que le visiteur cherche dans le tableau. Les ennemis de Picasso ont vu dans son travail l’orgueil et l’arrogance, mais ils n’ont pas trouvé la sincérité, l’empathie, l’humilité… Tout ce qui pourrait charpenter la notion d’humanité. Pourtant, malgré la causticité, la femme qui pleure a quelque chose de bouleversant. La sensibilité du maître est extrême, exacerbée. Nous avons bien là les tripes de Picasso, mais avons nous son cœur pour autant ? Et, si jamais ce cœur est à nous, nous ne disposons pour l’instant que d’un seul tableau. En matière de peinture, il est impératif de voir, il nous faut donc voir d’autres Picasso.
Auparavant, observons le personnage public et voyons si le mythe Picasso n’est pas susceptible de nous gêner dans la lecture et dans l’appréciation de sa production.

 Sur l’estrade

Picasso Pablo, Autoportrait torse nu en culotte de boxeur, Paris, 1915-1916. Collection Dora Maar, © Succession Picasso 2013

Picasso Pablo, Autoportrait torse nu en culotte de boxeur, Paris, 1915-1916. Collection Dora Maar, © Succession Picasso 2013

Une fois n’est pas coutume,  intéressons nous au « people », à la célébrité : observons le maître hors l’atelier, quand il a remisé brosses et pinceaux.

Sur les photos, nous avons vu le regard noir de Picasso qui semble défier tous les artistes passés, présents et à venir. La photo retenue, un autoportrait, illustre parfaitement sa propension à l’auto célébration. Il existe cependant beaucoup de photos de Pablo et, si ce n’est déjà fait, vous remarquerez que son regard noir est toujours intense, souvent pénétrant, mais pas toujours triomphant.

« Je ne cherche pas, je trouve ! ». Nous connaissons tous cette phrase où il paraît revendiquer la suprématie de son instinct. La formule a fait florès, mais elle doit être rapprochée d’un contexte, d’une tendance plus exactement, où la recherche importe plus que le résultat obtenu, où c’est la démarche elle-même, en elle-même, qui fonde l’œuvre d’art. Pas besoin de boule de cristal pour imaginer que ce type de démarche a dû mettre les nerfs à Picasso. Sa fameuse maxime ressemble à une auto consécration, mais n’est-elle pas une réaction épidermique ou une provocation ? Plutôt qu’un trône, un autel, n’est-ce pas un ring qu’il a dressé en place publique ?
Je dois sans doute le préciser : la tendance artistique — brièvement évoquée — n’a rien d’une problématique picturale. Vous souhaitez en savoir plus à ce sujet ? Je vous confie aux bons soins de tous ceux qui content les aventures de l’art contemporain. Il ne faudrait pas perdre la ligne du blog et le fil de cet article.

Sans nous encombrer, cette fois, de subtilités, prenons Picasso au mot. Après tout, il est effectivement rapide et efficace. La femme qui pleure est datée du 18 octobre 1937 : elle a donc été aboutie en quelques heures. Pour Picasso l’exercice n’a rien d’exceptionnel et les toiles datées du jour sont nombreuses dans son œuvre.

Cette rapidité d’exécution n’est pas particulière à notre champion. Van Gogh, après une longue phase de germination, s’est révélé fulgurant. Il est possible d’épiloguer, d’évoquer les innombrables paysages de Boudin ou de Monet. Plus largement, qu’il s’agisse de paysage, de portrait ou de composition, le peintre ne doit pas mollir, car pour vivre il lui faut sortir quelques dizaines de toiles chaque année. C’est ainsi que les peintres aguerris ont le plus souvent une production nourrie.

La vélocité de Picasso n’est donc pas invraisemblable, mais elle reste exceptionnelle, à priori sans équivalent. Tout se passe comme s’il ne connaissait pas le doute ou avait choisi de l’ignorer. Contrairement à de nombreux peintres — des califes, comme Bonnard ou Braque — une fois sa toile recouverte, en place, il n’y revient pas et la garde en l’état.

Cette abondante production le caractérise encore aujourd’hui. Elle n’était pas liée, comme c’est parfois le cas, à la mise en place d’un système ou d’une routine. Bien au contraire il a plusieurs fois renouvelé sa peinture ou, pour paraphraser Deleuze, trouvé de nouveaux « diagrammes ». Il semble donc légitime de lui accorder une créativité exceptionnelle. La médaille est méritée, mais garantit-elle la réussite immédiate et systématique qu’il a revendiqué ?

Picasso Pablo, Guernica, 1937, huile sur toile, 349,3 × 776,6 cm, Musée Reina Sofía1, Madrid

Picasso Pablo, Guernica, 1937, huile sur toile, 349,3 × 776,6 cm, Musée Reina Sofía1, Madrid

Plutôt que s’interroger sur ses très nombreuses « toile datées du jour ». Sont-elles toutes abouties ou plus exactement trouvées ? Il est plus significatif de s’intéresser aux recherches — non avouées — du maître. En effet, comme les collègues, il a tâtonné, expérimenté, et parfois longuement repris ses toiles. A cet égard, Guernica est souvent cité, mais le cas le plus flagrant reste Les demoiselles d’Avignon. Ce tableau, qui annonce des avancées exceptionnelles dans le domaine pictural, représente neuf mois de travail, de multiples états et des esquisses en pagaille. Cependant, le résultat ne l’a pas convaincu. Picasso ne l’a sans doute jamais dit, mais Derain, cité ici par Roland Penrose, l’avait compris :

« Un jour, nous apprendrons que Picasso s’est pendu derrière sa grande toile. »
Roland Penrose,  Picasso, Flammarion, collection Champs, Paris, 1962, p. 160

Picasso était un peintre prolifique et acharné. Durant sa longue carrière, il a — c’est avéré — souvent « trouvé », mais, il a parfois longuement cherché. D’une certaine manière, et comme toutes les grandes figures de la peinture, il a cherché sa vie durant. Tout bien pesé, le « Je ne cherche pas, je trouve ! » ne signifiait-il pas : ce qui importe c’est de trouver !  Je laisse cette interprétation à votre appréciation. Malgré tout, pour appuyer mon hypothèse, j’ajouterai un mot du maître, qui peut être rapporté — même s’il ne suffit pas bien sûr à le définir — à l’art conceptuel ou à ses prémisses. Je l’ai lu il y a une vingtaine d’années dans un ouvrage intitulé Yo Picasso. Il donne approximativement ceci : personne ne s’intéressera longtemps à quelqu’un qui cherche, sans le trouver, un billet de cent francs par terre.

Il y a les formules rapportées par la postérité, mais il y a aussi le métier lui-même, le travail dans l’atelier. C’est-à-dire cette quête ininterrompue de l’intensité, de la cohésion, de l’accord, de la tension… Ces valeurs là, cherchées sans relâche par les peintres, sont difficiles à établir et à expliquer. Il était plus facile, peut-être plus malin, sans doute plus gratifiant, d’offrir le paradoxe et l’énigme, que de dévoiler les réalités et les enjeux du métier.

Le mythe Picasso comporte sans aucun doute une part de réalité, mais le Picasso que nous avons en tête n’est pas toujours le bon. Ne nous laissons pas, comme Les ennemis de Picasso, obnubiler par le bateleur. Ne prenons pas les formules de Picasso pour argent comptant. Nous devons avant tout nous fier à ce que nous voyons, à ce qu’il a fait.

Dans l’atelier

Dans l’atelier, une fois la porte refermée, le maître ne triche pas, il est peintre avant tout. Fouillez votre mémoire et, dans le flux de sa production, vous trouverez des toiles d’une grande sensibilité qui n’appellent pas la stupeur, mais le songe et l’émotion. Voyez ainsi la Femme couchée lisant, que je soumets à votre attention.

Picasso Pablo, Femme couchée lisant, 1960, huile sur toile, 130,2 x 196,2 cm, Musée Picasso, Paris

Picasso Pablo, Femme couchée lisant, 1960, huile sur toile, 130,2 x 196,2 cm, Musée Picasso, Paris

Vous ne connaissez-vous pas ces toiles ou les avez regardées sans les voir ? Il n’est pas trop tard. D’une façon plus générale, vous avez du mal avec Picasso ? Oubliez ce que vous croyez connaître, ne cherchez pas une explication, un motif rationnel, à chacun de ses coups de pinceaux. Le cas échéant, insistez, car dans chaque musée, dans chaque exposition qui lui est consacré, vous trouverez toujours un « Picasso nouveau ».

Picasso Pablo, L'étreinte, 1903, huile sur toile, 100 x 60 cm, Musée d'Orsay, Paris

Picasso Pablo, L’étreinte, 1903, huile sur toile, 100 x 60 cm, Musée d’Orsay, Paris

Voici, L’étreinte, un tableau qui illustre la notion d’humanité dans sa version la plus prégnante, la plus évidente. Ce n’est qu’un exemple, il existe, notamment chez le jeune et le vieux Picasso, de nombreux tableaux dans cette veine, des tableaux finalement pétris d’humanité. À plusieurs reprises, notamment dans la période dite Bleue, il a bien failli oublier cette règle — une règle qu’il a le plus souvent parfaitement illustrée — et qui veut que l’esprit de la peinture se manifeste dans l’association de formes colorées et non dans l’expression et l’attitude des personnages. Il est sans doute inutile de préciser que je ne pense ni à L’étreinte, ni à au tableau intitulé Les paysans, que vous voyez plus bas.

 

Picasso Pablo, Les paysans, 1906, huile sur toile, 220 x 131 cm, Barnes Foundation Merion, Philadelphie

Picasso Pablo, Les paysans, 1906, huile sur toile, 220 x 131 cm, Barnes Foundation Merion, Philadelphie

Les amis de Braque

Georges Braque, Femme assise au chevalet, Huile mélangée avec du sable sur toile, 130,8 x 162,2 cm, 1936, Metropolitan Museum of Art, New York

Georges Braque, Femme assise au chevalet, Huile mélangée avec du sable sur toile, 130,8 x 162,2 cm, 1936, Metropolitan Museum of Art, New York

Construisant cet article, je n’ai pas, comme pour L’unité ou Aborder les œuvres, une pléiade d’illustres témoins à consulter. Je m’appuie essentiellement sur mon intime conviction. C’est particulièrement vrai pour ce passage de l’article. Il m’est venu progressivement tandis que je spéculais sur le cœur de Picasso. C’est donc une simple hypothèse que  je vais donc inscrire dans l’intervalle de cette parenthèse.

Pour commencer, je vais à nouveau convoquer ceux que j’ai nommé Les ennemis de Picasso. Le bateleur, le comédien, agace ces derniers. Ils doutent de sa sincérité, ils le trouvent un peu agité, un peu excessif, un peu trop… Mais ils ont vu son cœur. En réalité, le cœur de Pablo est parfois tellement gros qu’on ne peut le manquer. Aux yeux de ces amateurs avertis, l’humanité que Picasso met dans ses tableaux est sans doute un peu appuyée, trop littérale, presque littéraire. Ils ont vu là un genre de dérive et ils n’ont peut-être pas tout à fait tort.

Voilà ma théorie. Vous le savez peut-être, les spécialistes opposent fréquemment Picasso et Braque. Plus exactement, dès qu’il est question de Braque, ils sortent Picasso de leur chapeau. Pour la critique, les conservateurs de musée et le marché, l’avantage accordé à ce dernier est très net. Le public est plus partagé et la cote de Braque est élevée chez les passionnés. Il suffit de penser à cette grande rétrospective organisée au Grand Palais, du 16 septembre 2013 au 6 janvier 2014. Depuis une ou deux décennies, la foule se presse régulièrement aux grandes expositions de peintures ; je reviendrais sur ce phénomène dans L’engouement. Cependant, Braque n’est pas une figure médiatique comme Vermeer, Monet, Rothko ou justement Picasso. Pourtant, quelques jours avant la fin de cet évènement, les admirateurs étaient légion. J’ai dans l’idée que Les ennemis de Picasso n’ont pas manqué ce rendez-vous, car ces férus de peinture sont le plus souvent des amis de Braque. A la manière des spécialistes, parlant de Picasso, je sors maintenant Braque de mon chapeau.
Personne ne peut enlever la détermination et la créativité à Picasso. De la même manière, le visiteur de musée, même s’il n’est pas admiratif, contestera rarement la sensibilité de Braque. Pour en donner toute la mesure, voici le diagnostique d’un expert :

« Braque cherchant à sauver ces fleurs périssables, Braque comme désarmé devant ces choses qu’il interroge, cherchant à arrêter sur une toile pour un peu plus de temps, pour le plus longtemps possible, une parcelle de tout ces choses et de lui-même et des autres. »
Alberto Giacometti, Écrits (Articles, notes, entretiens), Savoirs/sur l’art, Hermann, p. 113

Si on l’entend bien Giacometti, la sensibilité de Braque ne se traduit pas par des formes définies. La description, la métaphore ou le symbole ne sont pas au menu. Braque se nourrit pourtant du monde qui l’entoure. La peinture peut-elle d’ailleurs se passer de tout rapport au monde sensible ? Cette question est importante. Elle s’inscrit dans le fil de cette réflexion et constitue le fond de La part d’humanité, l’article parent de ce billet. Aucun des champions sur lesquels s’appuie cette longue dissertation n’a renoncé à la réalité, même les peintres les moins figuratifs comme Staël ou Bram van Velde.

La lumière et l’espace pour le premier :  

« Le 10 août 1952, le peintre écrit à sa sœur Olga : « Tout d’abord j’ai besoin d’élever mes débats à une altitude unique, ne fût-ce que pour les donner en toute humilité, et cela implique beaucoup de familiarité avec tout ce qui se passe dans le ciel, va-et-vient des nuages, ombres et lumières, composition fantastique, toute simple des éléments. » »
Marie du Bouchet, dans Nicolas de Staël, Altimara, Gallimard l MuMa, Le Havre, 2014, p. 130

Les tréfonds de l’être pour le second :

« Et il a soixante-seize ans (…) c’est maintenant qu’il réalise ses plus grandes œuvres. L’être a atteint sa transparence, il peut désormais s’annuler, il n’offre plus d’obstacle à ce qui le traverse et vient s’organiser sur la toile. De telles gouaches sont comme les radiographies de l’état auquel il est parvenu. »
Juliet Charles, Rencontres avec Bram Van Velde, P.O.L, 2001, p. 43

Face au réel, Braque est attentif, humble et réceptif. Pour en parler, je vous propose un tableau des dernières années, intitulé Barque sur la grève.

Braque George, Barque sur la grève, 1956, huile sur toile, cadre peint par l'artiste, 33 x 77 cm, Collection Florence Malraux

Braque George, Barque sur la grève, 1956, huile sur toile, cadre peint par l’artiste, 33 x 77 cm, Collection Florence Malraux

Par son extrême simplification, cette œuvre masque une profonde connaissance du métier. Par la combinaison de quelques plans colorés, ce noir qui enveloppe et fait contraste avec l’étendue claire de la composition, ces poches de cyan et d’ocre, cette petite toile peut effacer de notre mémoire les plus titanesques des mécaniques picturales. Il n’est pas sûr que le phénomène se manifeste instantanément et devant l’écran. J’ai vu ce tableau et ce n’est pas un enthousiasme passager qui motive mon commentaire, c’est une sensation qui persiste et résiste finalement à n’importe quelle confrontation.
Ce ciel noir, étendu au cadre du tableau, n’était sans doute pas prémédité. Il s’est manifesté et finalement imposé dans le feu de la création. Excepté cet agencement décisif, la magie de Barque sur la grève ne tient à rien. On discerne bien une fragile embarcation et une étendue de sable, mais l’émotion est essentiellement dans les nuances et les correspondances. Elle est dans les passages du jaune (gris et clair) à l’ocre rouge (presque pur). Elle est dans le jaune de la plage qui pénètre la coque et jouxte ce bleu, son imparfait complémentaire. Elle est dans les échos, les frémissements et l’émiettement du noir. L’humanité n’est pas un supplément, c’est une composante, une propriété du tableau. Elle est dans la couleur, la matière et la trace, c’est en quelque sorte la peinture elle-même. La fragilité et la durée, ces états particuliers à l’espèce humaine, n’auraient pu être exprimées par la combinaison de surfaces nettes et constantes dans leur coloration. Sa légendaire mesure et la fabrication de périlleux et splendides équilibres — comme la Femme assise au chevalet, intégrée en tête de ce passage — ne sont pas les seuls mérites de Braque. Il est profond et vrai, c’est pourquoi nous l’aimons.

Mon propos n’est pas d’opposer deux peintres exceptionnels et mon commentaire ne réduit en rien les mérites de Picasso. D’ailleurs l’espace qui sépare  Picasso et Braque est parfois très mince. Ils ont tous deux quelques œuvres au musée d’art moderne de la ville de Paris et, sans lire la signature, il est impossible d’attribuer le tableau, est-il de Braque ou de Picasso ? Ce mimétisme, lié à leur long effort commun pour faire avancer la peinture au début du siècle dernier, ce mimétisme ne s’éteint pas en 1914, avec le départ de Braque pour le front. Tout au long de leurs carrières respectives, on trouve l’empreinte de cette association.

Il arrive aussi que l’espace qui sépare Braque et Picasso soit considérable. Mais, chez le vieux Picasso il y a aussi cette simplicité et cette charge d’humanité. Cette simplicité à laquelle Braque a toujours aspiré et cette humanité davantage liée à l’expressivité de la couleur et du trait qu’au sujet lui-même. À mon tour, victime de la multitude des œuvres de Picasso, je ne peux rien vous proposer immédiatement pour étayer cette affirmation. Lors d’une exposition organisée à Beaubourg et intitulée — je crois, Le vieux Picasso, j’ai vu cette peinture réduite à son essentiel, cette peinture où l’humanité n’est pas une déclaration, mais une propriété du tableau. Une propriété qui en fait le poids et l’épaisseur. Ces tableaux là, qu’ils soient l’œuvre de Braque ou de Picasso, que leur traitement soit comparable ou non, susciterons l’admiration des authentiques fondus de peinture pour mille ans au minimum. L’humanité fera lien et retiendra des gens qui ne connaîtront rien, les malheureux, de notre pré et de notre postmodernité.

J’ai l’impression que ce contenu, encore un peu spéculatif, marque une avancée dans cette quête d’une peinture souveraine.  J’y reviendrais, mais refermons maintenant cette parenthèse et recentrons nous sur Picasso, ce calife qui ne sera jamais remplacé.

Une large palette d’émotions

Une large palette d’émotions

En peinture, on ne va pas contre son tempérament. Voilà un principe que le peintre de L’étreinte et de l’Homme au chapeau de paille et cornet de glace a toujours respecté. Dans sa quête incessante du phénomène plastique, dans sa recherche de la tension, de l’équilibre, du contraste, de la densité… il ne met jamais de bornes à l’expression de sa sensibilité et exprime les sentiments les plus différents. On peut dire qu’il se donne pour ce qu’il est au moment où il peint.

« Une peinture c’est l’image de quelqu’un, sa projection toute entière, sans mensonge, ni réticences, avec ses misères comme avec ses beautés. La peinture ne s’accommode pas de mensonges.»
Bissière Roger, T’en fais pas la Marie, écrits sur la peinture 1945-1964, Le temps qu’il fait, 1994, p. 26

Dans ses tableaux nous avons vu la compassion et l’empathie, il y a encore la paix et la douceur que l’on trouve, par exemple, dans La femme aux pigeons.

Pablo Picasso, Femme aux pigeons, 1930, pastel sur papier kraft marouflé sur toile, 200 x 185 cm, Musée national d'art moderne, Paris

Pablo Picasso, Femme aux pigeons, 1930, pastel sur papier kraft marouflé sur toile, 200 x 185 cm, Musée national d’art moderne, Paris

Pendant son long parcours, ce peintre extraverti se montre également direct, excessif, et parfois brutal. C’est ce j’ai lu parfois et c’est peut-être vrai.

Picasso Pablo, Composition avec tête de mort, 1908, huile sur toile, 116 x 89 cm, Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg

Picasso Pablo, Composition avec tête de mort, 1908, huile sur toile, 116 x 89 cm, Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg

Sa pratique comprend bien l’urgence et la pugnacité. Les formes sont malmenées, mais — remarquez-le — elles sont parfaitement ajustées dans les limites du format. Les couleurs sont exacerbées, mais souvent accordées, à leur plus haute densité. L’humanité, que nous cherchons sans trêve, est là dans une tonalité élevée, un paroxysme maîtrisé.

Picasso Pablo, Jeune fille devant un miroir, 1932, huile sur toile, 162 × 130 cm, MoMA, New York

Picasso Pablo, Jeune fille devant un miroir, 1932, huile sur toile, 162 × 130 cm, MoMA, New York

Cette mesure et cette démesure, ce tempérament dont aucune aspérité n’est gommée, cette large gamme de sentiments et d’émotions, ces couleurs tour à tour rompues ou portées au vif, c’est aussi ça l’humanité, la part d’humanité propre à Picasso.

Picasso Pablo, Femme nue couchée (Nu étoilé), août-octobre 1936, huile sur toile, 130,6 x 162,5 cm, Musée National d'art moderne, Paris

Picasso Pablo, Femme nue couchée (Nu étoilé), août-octobre 1936, huile sur toile, 130,6 x 162,5 cm, Musée National d’art moderne, Paris

Contrairement à un premier pronostic, à une vision imprécise et tenace, nous avons bien trouvé le cœur de Picasso. C’est confirmé. Les toiles signées un peu trop vite et la danse de l’invincible guerrier ne sauraient masquer bien longtemps, l’expression de cette sensibilité multiple et contrastée, c’est-à-dire de l’exacte somme d’humanité que Picasso peut nous donner.

Voilà un don, une offrande, qu’il ne faut pas minimiser. On peut dire ce qu’on veut de Picasso, mais il n’est jamais sec ou superficiel. C’est sans doute pourquoi il a signé des tableaux que l’on ne peut oublier, des tableaux comme ce Nu étoilé, susceptibles de magnifier nos journées. Sa sensibilité associée à ses moyens, son envie, son acharnement, permettent à Picasso de se présenter à la suite de Piero della Francesca, du Greco, de Velázquez, de Goya, de Delacroix, ou encore de Manet.

« L’inquiétude de Picasso est l’un des plus ardents levains de la fièvre contemporaine. Inquiétude nomade, mais féconde, qui agite toutes les sources, et leurs vases, et leurs algues fleuries, danse périlleuse de l’intelligence cherchant des équilibres inouïs sur les sommets les plus aigus de la sensation, renonçant soudain à tel jeu pour se lancer dans tel autre, œuvre incertaine et par la même dramatique, admirables par éclairs, décevante assez souvent. Impressionnante toujours, par son souci du caractère, sa tension constante vers le style et le pureté de la forme débarrassée d’incidentes, son désir  désintéressé de trouver dans les ondulation, les renflements, les effilements, les contrastes des lignes, la loi de structure des masses qu’elles symbolisent, la loi de continuité des ensembles monumentaux que leur assemblage constitue pour la danse, le jeu, la nage, le repos au bord de la mer. »
Faure Elie, Histoire de l’art, Bartillat, 2010, première parution en 1921, p. 791

Un peintre singulier

De tout ce qui précède, retenons que Picasso ne fait pas semblant, qu’il ne fabrique pas. C’est un vrai peintre et — ce n’est tout à fait la même chose, un peintre vrai. Qui d’autre que lui, aurait pu concevoir les tableaux qui illustrent cet article ? En ce sens, c’est aussi un peintre unique. De sa différence affirmée, combinée à un sens aigu du dessin et de la couleur, naît La singularité qui distingue ces artistes que l’on ne peut remplacer.

DJLD, Picasso a-t-il un cœur ?  – au 26 janvier 18

Une réflexion au sujet de « Picasso a-t-il un cœur ? »

  1. D Rautenstrauch

    Jeté un œil sur votre site, par curiosité, car je n’ai pas l’habitude de lire sur la peinture. Venant de voir une exposition Picasso, hommage à Jacqueline, chez Gianadda,en Suisse, j’ai choisi votre article sur l’humanité du peintre Ne suis pas allée au bout, manque de temps, mais bonheur de vous lire avec aisance, avec plaisir, bref, votre style me convient et je compte bien reprendre le fil de ma lecture. Cordialement. DR

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