Présentation


La peinture qui rit de se voir si belle dans son miroir
En page d’Accueil
Les fondus de peinture
Une tribune sur le net

__________
LA PEINTURE QUI RIT DE SE VOIR SI BELLE DANS SON MIROIR

Le miroir prolonge l’étendue et fait écho aux frasques de l’atelier. Il permet aussi de tester l’assise et la cohésion des tableaux. Quand le précieux ustensile reflète l’unité, l’intensité, la charge sensible de la toile… la peinture part d’un rire tonitruant.
La peinture qui rit de se voir si belle dans son miroir naît de la conjugaison des moyens et de la singularité du peintre, elle est inséparable de la passion et de l’acharnement de ce dernier.
La peinture qui rit de se voir si belle dans son miroir a rarement refusé de manière explicite les différentes missions — l’illustration, la célébration, l’expérimentation — que la société lui a fixées. Cependant, elle ne s’est jamais vraiment soucié de ces consignes successives. Elle se moque d’une peinture qui se veut littéraire, philosophique, scientifique ou spéculative.
« Dans le domaine des arts, rien ne dure, rien ne subsiste que dans la mesure de la beauté des formes. De là vient que les artistes se divisent en deux classes : ceux qui sont vraiment des peintres, — et à ceux-là les sujets importent relativement peu, — et ceux qui sont moins doués, et en qui les idées, les sujets compensent l’absence de dons : et ceux-là sont friands de théologie et d’histoires compliqués. »
Couturier Marie-Alain, Se garder libre, Journal (1947-1954), Les éditions du Cerf, 1962, p. 135

Masquée ou revendiquée, la mission du peintre consiste à moduler la couleur et la lumière, à agencer des surfaces colorées dans les limites de la toile. C’est pourquoi le peintre jubile quand la composition colorée excède ou coiffe, son prétexte — le fragment de réalité, la scène historique ou encore la théorie artistique… c’est-à-dire lorsque le tableau engendre sa propre réalité, son propre fait.
À l’affiche du site, c’est bien la peinture pour elle-même, à elle seule, qui a le rôle titre.

remonter au sommaire

__________
EN PAGE D’ACCUEIL

Plus concrètement, la page d’Accueil, la page qui s’affiche à l’ouverture du site, est le cœur de la publication. Elle comporte deux volets, d’une part mes propos, mon petit traité, sur la peinture et d’autre part les propos, sous forme de contributions ou d’interviews, de gens affûtés qui vivent une relation passionnelle avec la peinture.

Le premier volet est un genre de manuscrit, un bouquin en cours d’écriture : les articles, qui s’y additionnent, devraient finir par constituer un essai voué aux taches colorées. Voici le fil conducteur, le pitch, qui relie les différents billets déjà publiés ou encore en gestation. Tout ceci a été écrit bien avant que La peinture qui rit de se voir si belle dans son miroir ne sous-titre le site.
À propos de peinture l’encre a coulée, les philosophes, les théoriciens, les critiques et les peintres eux-mêmes, ont beaucoup écrit. Face au flux des commentaires, j’ai souvent eu le sentiment que tout a été dit. Pourtant, il y a maintenant cinq ou six ans, privé d’atelier, j’ai entrepris la rédaction d’un petit fascicule consacré à la pratique du dessin et de la peinture. Cet exercice s’est révélé plus ardu que prévu et il m’a fallu un temps faramineux pour parvenir à formuler quelques-unes de ces idées qui me tarabustaient depuis longtemps. Je ne pouvais donc pas en rester là. J’ai de toute façon un angle d’attaque, peut-être un créneau. Nous allons regarder la peinture pour ce qu’elle est, dans ce qu’elle a de particulier et finalement d’irréductible.
Voici donc mon énoncé, les points de la problématique avec lesquels je vais me colleter, la matière même de mes ruminations : je veux traiter des propriétés formelles du tableau, de sa cohérence, de son unité, de l’accord de ses plans colorés, de son échelle… Il paraît essentiel aussi d’évoquer la sincérité, l’engagement, l’acharnement du peintre. De l’alliage des qualités plastiques et d’une singularité affirmée naissent les œuvres qui donnent toute la mesure de cet art. Mais la peinture c’est aussi la profusion et, à côté des œuvres essentielles, ineffables, on trouve des toiles fabriquées, sans consistance. Devant ce foisonnement et cette disparité le visiteur du musée est parfois un peu perplexe, comme démobilisé. J’ai une boussole à proposer, notre référence est toute trouvée, se sera la peinture des maîtres ; pas les maîtres des historiens, ni ceux des philosophes, mais ceux des praticiens et des amateurs avertis. Les peintres des peintres, qui, comme Monet, Matisse ou Braque déplacent les foules aujourd’hui. Tant qu’elle est à l’affiche, l’intérêt suscité par la peinture de ces derniers ne faiblira pas, car cet engouement ne dépend, ni de l’actualité, ni de pratiques connexes. Il n’est pas lié non plus à un courant, un genre ou un style particulier. Il est bien question ici d’un art autonome, souverain. L’amateur y trouvera la profondeur, le silence, la plénitude, une réalité augmentée ou plus exactement un « autre monde ». Un monde susceptible de modifier sa perception de la réalité et de magnifier son quotidien. Voilà, brièvement résumé, ce que j’entreprends maintenant de développer. Voilà le musée et l’atelier où j’aimerais accompagner le visiteur, les tableaux que j’aimerais lui montrer, les peintres que j’aimerais lui présenter.
La mission est ambitieuse et ne peut être le fruit d’un individu isolé. Je m’appuie sur les propos des peintres de légende et de quelques sorciers qui, comme Élie Faure, Malraux, Paul Valéry, Baudelaire ou Maupassant, ont compris la peinture sans jamais l’avoir pratiquée… C’est une parole en réalité collective, que je tente de porter et de développer.
Mes éventuels lecteurs aiment la peinture, qu’ils la regardent, l’achètent ou la pratiquent. Je m’adresse en somme à tous ceux qui sont en empathie avec l’univers pictural : aux amateurs occasionnels ou avérés, à ceux qui étudient l’art comme à ceux qui le font.
La deuxième vocation de la page d’accueil est de parler de la peinture d’aujourd’hui. Pour prendre du recul, ménager une période d’incubation, ma modeste étude, mon travail en solo, s’arrêtait aux années 1970. C’est resté vrai plusieurs années, mais j’ai fini par revenir sur cette orientation. J’ai ouvert le site à des peintres, des amateurs de peinture et, plus largement, à des acteurs du monde pictural contemporain. L’opération est amorcée, mais, contrairement à ce que j’ai pu croire un certain temps, ce n’est pas une mince affaire, une sinécure, que de recueillir les précieux propos des connaisseurs.

remonter au sommaire

__________
LES FONDUS DE PEINTURE

Depuis la mise en ligne de ce site, je me suis donc embarqué dans la rédaction d’une ode à la peinture. Comme beaucoup, j’ai la conviction que la couleur, la lumière, la matière et les formes comptent avant tout. C’est ce goût, cet appétit, pour le tableau considéré dans son aspect formel, qui est susceptible d’apporter la connaissance de la peinture ; c’est en tout cas le meilleur chemin pour l’aborder dans ses enjeux et ses fondamentaux.
Le message est souvent présenté comme l’élément crucial du tableau, c’est pourquoi cette grille de lecture peut sembler aléatoire ou inhabituelle. Elle est en tout cas attestée par les propos et les travaux des grands peintres. Je veux parler des peintres des peintres, c’est-à-dire des peintres couronnés par leurs pairs.
Je n’en appelle pas uniquement aux figures tutélaires du monde pictural. Dans le fil de mes cogitations, je fais aussi référence à mon parcours et notamment aux membres de cette école où la peinture m’a été révélée dans ses qualités et son autonomie. C’est Rémy Aron, l’ex patron de cette petite académie, qui m’a soufflé l’idée d’ouvrir ma publication à d’autres auteurs.
Avant de poursuivre et en attendant de trouver sa juste place dans le cours de mes cogitations, il me faut glisser un éloge à son attention. Je serais un foutu ingrat de traîner davantage, d’autant que de nombreux préceptes développés dans ces pages sont repris directement de son enseignement.
Rémy Aron est avant tout un peintre. En la matière, il a une grande sensibilité et une infinie maîtrise du métier. C’est aussi un enseignant ou plus exactement un passeur. Sur vingt ans cumulés, il a initié un nombre incalculable de jeunes et moins jeunes gens au dessin et à la peinture. Sans lui, les mieux armés, les plus « doués », auraient longtemps, peut-être définitivement, confondu la peinture avec la narration ou la démonstration d’un savoir faire. Pour boucler mon petit compliment, j’ajouterai que notre bon maître transmettait sans jamais préjuger du potentiel de ses élèves, et ça c’est inappréciable.

remonter au sommaire

__________
UNE TRIBUNE SUR LE NET

Sur le net, tant de gens sont en perpétuelle recherche de réponses, d’exemples et d’explications, que le lectorat potentiel semble considérable. Cependant, on le constate rapidement, les sites consacrés à la peinture sont innombrables. Comment émerger dans le flot de ces publications numériques ?
En quoi ces pages apportent-elles un éclairage particulier sur le monde de la peinture ?
Pour commencer, ce site est au service de la peinture et non d’un peintre ou d’un style particulier. Comme les maîtres modernes l’ont recommandé, considérons la peinture dans sa diversité et dans son unité.
Ensuite, La peinture qui rit de se voir si belle dans son miroir n’est pas liée par cette convention qui veut que tout objet exposé dans un musée mérite une génuflexion. Dans la simple mesure où il est bien question de peinture, la liberté de ton est donc garantie.
Enfin, c’est toujours ce pari fou d’aller chercher la peinture dans sa réalité, ses enjeux et ses fondamentaux. Cette approche n’est pas commune, c’est une exclusivité, car comme le dit Pierre Francastel :
« Tout l’enseignement des arts est orienté vers le commentaire littéraire et symbolique. On ne montre pas la valeur propre de l’œuvre, comment la pensée plastique s’exprime directement par le maniement de valeurs comme les proportions, les couleurs, les rythmes, les intervalles. »
Pierre Francastel, La réalité figurative, Denoël/Gonthier, 1978, p. 88

J’allais oublier un point crucial, essentiel : ceux qui font référence dans ces pages sont les peintres des peintres et non les peintres des historiens, des philosophes ou des enseignants. Même aux yeux du lecteur le plus indulgent, je commence sans doute à rabâcher, mais je crois qu’a lui seul ce point fait l’originalité de cette modeste publication.

remonter au sommaire

DJLD, présentation du site au 12 17

2 réflexions au sujet de « Présentation »

  1. Patricia

    Très belle présentation qui invite le lecteur à suivre les prochains articles. Ils sont rares de nos jours, les commentaires aussi bien éclairés sur la peinture et rédigés sur un blog.
    C’est un bébé qui a tardé à venir mais qui est bien là à présent.
    Au prochain article sur les déjeûners sur l’herbe et autre…

  2. Conte

    J’en suis tombée des nues à lire ces articles. Enfin on parle de ce qu’est la peinture, c’est à dire de ce que font les peintres : distribuer de la lumière dans un espace plan. C’est à dire qu’il n’y a pas moins de lumière dans un monochrome que dans un tableau de Vermeer. Il y a un jeu ambigu entre les deux acceptions du terme lumière. La lumière en tant que phénomène physique et la lumière en tant que phénomène plastique. En tous les cas merci de ces articles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *