L’interview de Clémentine Odier

Clémentine Odier, Le duo dans la chambre rose, huile sur toile, 100x100cm... N’hésitez pas à cliquez sur les reproductions pour les agrandir !

Clémentine Odier, Le duo dans la chambre rose, huile sur toile, 100x100cm… N’hésitez pas à cliquez les reproductions pour les agrandir !

Pour entamer le préambule, qui précède l’interview à proprement parler, voici tout d’abord ma contribution, mon court commentaire.
On peut-être convaincu d’avoir l’œil aiguisé, il arrive pourtant que l’on se trompe, que l’on s’enthousiasme — un peu vite — pour le travail d’un artiste peintre. La pratique du dessin et de la peinture et, davantage encore, cette réflexion sur le travail pictural (entamée il y a des lustres) m’aura finalement apportée la conviction que le bon peintre, celui qui mérite les lauriers décernés, ne peut exister sur la base de quelques œuvres réussies ou sur la production d’une courte période, fut-elle « très intéressante ».
Cela ne veut pas dire que l’on aime la production du champion dans son intégralité, que l’on est systématiquement pétri d’admiration devant chacune de ses œuvres. Cependant, à un moment donné, le fait est là : nous sommes face à un bon peintre, peut-être un grand peintre. A propos de cette dernière expression, je vais me permettre une brève digression : il n’est pas dit que cette distinction soit perpétuellement accordée, car il faut quelques décades pour que la collectivité couronne le peintre d’exception, ors nos contemporains n’aiment plus attendre ou plutôt supportent difficilement l’attente… Je ferme cette courte parenthèse.
Bref, le plus souvent, on appréciera les œuvres d’un peintre digne de ce titre. Un certain nombre de toiles, rattachées à des périodes différentes de sa carrière, susciteront notre jubilation et, le temps passant, cet enthousiasme ne faiblira pas.
C’est exactement la relation que l’on peut établir avec le travail de Clémentine. Vous devriez d’ailleurs pouvoir en juger ou du moins le pressentir sur la base des reproductions intégrées dans l’interview qui suit. J’imagine que vous apprécierez aussi ses propos clairs et, tout à la fois, spontanés et érudits.

Pour boucler ce préambule, je vous propose maintenant ce message que l’interviewée souhaite vous adresser :
« Il m’aura fallu plusieurs années pour répondre à cette interview… J’ai traîné. Témoigner, je le savais, me plongerait dans un constat très démoralisant sur la situation des peintres vivant et exerçant dans la tradition. Il n’en reste pas moins que je voudrais rendre hommage au travail énorme qu’a fait Dominique en créant ce site, et remercier une fois encore les amateurs qui me soutiennent depuis mes débuts. »

Clémentine Odier, La plage du Lavandou, pastel sec, 28 x 21 cm

Clémentine Odier, La plage du Lavandou, pastel sec, 28 x 21 cm

J.L. Turpin : quelle est ta formation ? As-tu, par exemple, fréquenté une école d’art ? Dans l’affirmative, quelle école et qu’y as tu appris ?

Clémentine Odier : J’ai eu de la chance : j’allais dans un atelier dessiner du nu, et Rémy Aron a remplacé le patron. Il était passionné, j’ai compris tout de suite qu’il possédait le métier du grand dessin. Je dessinais déjà beaucoup, mais grâce à sa grande générosité, il n’a eu de cesse de transmettre ce qu’il avait hérité de Roger Plin.
Par ailleurs, j’ai été le modèle du sculpteur Jean Carton pendant 7 ans. Celui-ci était déjà très âgé et a été mon deuxième papa à la mort du mien ; j’ai une passion pour la sculpture et j’avais une passion pour lui ! ! Il m’a aidé à me construire pour pouvoir affronter la solitude et la liberté nécessaires pour pouvoir travailler. Je suis entrée aux Beaux-arts de Paris en dessin tout en travaillant sous les directives de Rémy Aron. Je n’aimais pas l’école, Roger Plin était parti, l’ambiance n’y était pas du tout au travail… J’ai attendu longtemps avant de commencer la peinture.

 

J.L. Turpin : Ecole ou pas, as-tu fait une rencontre providentielle sur la voie étroite qui mène à la peinture ? En d’autres termes as-tu bénéficié des bons offices d’un passeur ?

Clémentine Odier : oui, j’ai une chance formidable : à l’époque, nous étions une douzaine de jeunes autour de Rémy Aron. C’était comme un ring, il y avait une émulation terrible… On faisait chacun une centaine de dessins par semaine, c’était très stimulant. Et Rémy nous a fait connaître Roger Plin, le Grand, l’immense artiste qu’il était, et Jean Bertholle dont les corrections étaient très courues. À côté de ça, je posais tous les matins pour Jean Carton, cet éternel révolté toujours debout pour défendre les artistes et les grandes œuvres.

Clémentine Odier, Le canal à Suzhou, huile sur toile, 65 x 54 cm

Clémentine Odier, Le canal à Suzhou, huile sur toile, 65 x 54 cm

J.L. Turpin : quels sont les peintres qui t’ont influencée, à quel moment et dans quelle mesure ?

Clémentine Odier : j’ai jeu la chance d’avoir des parents qui m’ont donné le goût du beau. Toute petite, j’allais déjà aux expositions; je me souviens d’une rétrospective de Goya- Je devais avoir 6-7 ans, ça m’avait impressionnée. Pour un oui pour un non, nous allions voir une cathédrale, un musée, une exposition, et la grande musique faisait partie de notre vie. Avec ma sœur, nous allions tous les mois à la Comédie française, et au Louvre, toutes les semaines. Mon père était un scientifique ; dans son esprit, les métiers se présentaient comme une pyramide, et, tout en haut de la pyramide, il y avait les artistes. J’ai commencé par faire de la sculpture, et je ne regrette pas d’avoir bifurqué et de l’avoir mise de côté pour la peinture. Ce qui m’a décidée à devenir peintre, ce sont les Van Gogh dans la collection de Rodin du musée. Après, bien sûr, il y a tous les autres, les gravures de Rembrandt qui restent une bible. Et puis, il y a eu des vagues : en parallèle de Rubens et Poussin, que je vénère, Vuillard quand j’ai commencé à faire du paysage, Braque et Chardin quand j’ai abordé la nature morte ; Estève pour son audace dans la coloration (d’ailleurs, Plin aimait beaucoup Estève). Puis j’ai découvert Édouard Pignon. Tout cela en parallèle de tous les autres, tous les grands qui sont des phares de tous les instants. Si je devais garder un seul peintre, maintenant que j’aborde la pente descendante, ce serait Maurice Denis, pour sa coloration, sa joie.

 

J.L. Turpin : des artistes incontestables, comme Staël et Giacometti, ont affirmé que ― d’une certaine manière, on peut peindre n’importe quoi. À chacun ses sources d’inspiration, ses sujets de prédilection. Quels sont les tiens ? Je pense ici aux éléments du monde visible ou d’un monde intérieur qui nourrissent ton travail.

Clémentine Odier : je travaille beaucoup d’après nature, cela alimente mes compositions faites à l’atelier.
C’est un peu compliqué de parler du sujet, cela revient à réduire la peinture figurative à l’anecdote. Quand tout va bien, quand tout marche, on voit Peinture, et tout devient Peinture. Quand la Peinture nous quitte, il faut trouver un sujet qui nous excite, et on va chercher dans le monde réel un moteur pour nous remobiliser.
Oui, il y a des affinités, mais je crois aussi qu’il y a les hasards de la vie: quand je dis que j’ai peint beaucoup les plages et la Normandie, c’est parce qu’on m’a prêté une maison en Normandie pendant 15 ans. La musique, les musiciens ? Je suis mariée à un violoniste.
Un exemple : parlons de Toulouse-Lautrec : il était plus enclin à faire la fête avec les gens du cirque et des cabarets, c’était en rupture totale avec son milieu. Cela lui parlait dans la vie, et cela lui parlait picturalement. C’est la vie qu’on mène qui amène le sujet. Je continue de penser que le sujet n’a pas d’importance. Quand je regarde une peinture, je ne regarde pas le sujet.
Quand on arrive dans un nouvel endroit pour faire du paysage, c’est toujours angoissant et excitant parce qu’on se demande ce qu’on va trouver. J’ai remarqué qu’ on passe souvent 3 jours à chercher l’endroit où on va peindre; on cherche comme un fou, et les gens du coin vous envoient invariablement là où on voit le plus loin ; cela n’a aucun intérêt, ce n’est pas pictural pour moi ; et, finalement, au bout de trois jours, on se pose. À la fin du séjour, on ne va même plus à l’endroit qu’on avait choisi. Cet été, je me suis retrouvée assise sur les marches de l’escalier de la maison où j’habitais à Hyères, parce qu’ il y avait de l’ombre, alors qu’au début du séjour, je faisais 1 km avec le chevalet et tout le barda… En fin de séjour, on est dans « l’ état » de la Peinture, le paysage nous est plus familier, on n’a plus besoin de cavaler, on a déjà une palette, quelque chose, on est plus libre. Ceci dit, je n’irai pas dans la Beauce, avec les champs tout plats… Il faut quand même que les tons ne soient pas écrasés. Je pense qu’il y a pour les peintres qui font du paysage, des sujets qui font l’unanimité, par exemple, la Normandie, le midi pendant la saison d’hiver. C’est comme le choix du modèle : l’an dernier,  j’allais dans un atelier, je voulais refaire du nu. Le responsable de l’atelier était fou des petites jeunes anorexiques, 30 kg toutes mouillées; je n’ai pas résisté, j’ai quitté l’atelier. J’ai besoin d’un modèle qui soit plein, j’aime les modèles ronds, j’aime les modèles gros, j’aime les modèles énormes! Et pour la nature morte, il faut qu’elle m’excite, qu’elle soit picturale.
Cette question du sujet est difficile parce que j’ai besoin du sujet, mais quand je peins, je ne pense pas au sujet.

Clémentine Odier, Aquarium carré, huile sur toile, 100 x 100 cm

Clémentine Odier, Aquarium carré, huile sur toile, 100 x 100 cm

J.L. Turpin : peux- tu évoquer le processus créatif ? Pour le dire autrement, quelle est ta démarche ou ton fonctionnement dans l’atelier et, le cas échéant, hors de l’atelier ?

Clémentine Odier : la solitude et la grande liberté nous confrontent à un grand vide et crée une tension. Grâce à notre bagage, et au désir de découvrir la peinture à venir, nous nous approprions ce cadre plutôt que de le subir. C’est pourquoi c’est si douloureux quand la peinture ne marche pas.
Il y a d’abord, sur nature, le dessin, l’huile et les pastels.
Le travail d’après nature est un travail excitant, on travaille rapidement, la lumière nous taraude. On  travaille alors en binôme : avec de la matière vivante. C’est rarement très abouti sur place : ce sont des notes pour nourrir le répertoire de formes, de couleurs. Vient ensuite le travail à l’atelier qui est différent : j’essaie de composer, souvent des scènes d’intérieur où je retrouve tous les sujets que j’affectionne : le nu, les musiciens, les intérieurs… C’est plus long, plus incertain, parfois inquiétant. Reprendre les choses qui ont été notées sur place, et puis comme on dit, « les faire marcher ».
Le travail de composition d’atelier, je le fais sans modèle. C’est pourquoi j’ai besoin de ce répertoire enrichi sur nature. Je tâche une idée. Ensuite, il faut que cette idée devienne picturale. C’est obsédant. On y pense tout le temps. La peinture « se fait » même quand on n’est pas devant le chevalet. Cette aventure est soutenue par la connaissance des règles que nous possédons mais nous nous servons des contraintes comme d’un « moteur ».
J’aime faire des séries, sans doute parce que les renoncements successifs pendant l’élaboration de la toile proposent d’autres alternatives.
Il me vient à l’esprit le cas d’André Lhote qui possédait une telle science et qui n’a quand même pas laissé une œuvre majeure. Donc il y a autre chose, qu’on ne contrôle pas, une « chose » qui se fait toute seule…. peut-être que toute la question est de savoir l’accueillir.

Clémentine Odier, panorama sino-français, huile sur toile

Clémentine Odier, panorama sino-français, huile sur toile

J.L.Turpin : A ton avis existe-t-il des critères qui permettent d’évaluer la valeur artistique? Quelles sont les qualités que tu cherches aussi bien dans tes œuvres que dans celles de tes pairs ?

Clémentine Odier : pour nous qui tendons à faire de la peinture-peinture, c’est comme ça qu’on l’appelle, et qui se rattache aux mêmes exigences que celle de nos maîtres, on voit tout de suite si c’est dans le format, car le format justifie tout. Pour juger sa propre peinture, c’est plus compliqué parce que là, il y a l’affect qui s’en mêle : si cela a été un moment heureux, la tentation est grande de trouver la peinture juste. Il faut du recul pour qu’on puisse la juger, c’est pour cela qu’il faut la laisser dormir ; les critères restent toujours les mêmes : le format, le format, le format !
Il me semble que ce qui est primordial, c’est le fait que la peinture est unique ; elle ne fait pas double emploi. C’est la raison pour laquelle la peinture littérale d’après photo, n’a pas droit de cité pour moi. Cela ne rime à rien de nous donner un duplicata de ce qu’on a sous les yeux. C’est dangereux cette réponse là, ce qui m’importe, c’est la peinture en devenir, la peinture vivante.

Clémentine Odier, Le grand trio bleu, huile sur toile, 116 x 89 cm

Clémentine Odier, Le grand trio bleu, huile sur toile, 116 x 89 cm

J.L. Turpin : depuis des décennies, le critique d’art contemporain, que l’on ne confondra pas avec le critique d’art, considère que la peinture est une forme d’art dépassé. Ce qui revient à considérer que le peintre a perdu toute légitimité. On laissera au critique d’art contemporain la responsabilité de cette théorie, mais, en tant que professionnel, quel est  ton avis sur l’état du monde de la peinture, du monde actuel de la peinture?

Clémentine Odier : nos critères sont les mêmes que pour les anciens, mais nous ne vivons pas au dix-septième siècle. Le monde actuel est inquiétant. La différence maintenant, c’est que nous ne sommes pas soutenus par la bourgeoisie. Les enfants de mes amateurs achètent des posters chez Ikea. Il y a encore trente ans, tout le monde connaissait Géricault avec une seule toile, « le radeau de la méduse » ; ce n’est plus vrai, il n’existe plus dans notre patrimoine commun. L’enseignement du beau est évacué, « l’œil » n’est plus formé, comment pourrait-on avoir des amateurs ? C’est une initiation. Quand j’ai connu mon mari violoniste, mon amour de la musique allait jusqu’à Ravel et Debussy. Quand j’ai connu mon mari violoniste, il répétait avec son quatuor, le n° 8 de Chostakovitch à la maison ; maintenant, je l’aime passionnément..
La peinture se marie mal avec l’immédiateté qui est la norme maintenant. Il y a de la peinture facile d’accès, les impressionnistes par exemple, mais qui va s’asseoir trois heures devant un Nicolas Poussin ?

Clémentine Odier, Plage blonde, huile sur toile, 73 x 50 cm

Clémentine Odier, Plage blonde, huile sur toile, 73 x 50 cm

J.L. Turpin : est-ce que la contemporanéité, l’ancrage dans l’époque actuelle, te préoccupe ? Si c’est le cas, comment cette préoccupation se traduit-elle dans ton travail ?

Clémentine Odier : étant donné l’état des choses, et la non-existence de cette peinture, la seule préoccupation que j’ai, est d’acquérir cet état magique, où la main court toute seule…Étudier, comprendre toujours plus les maîtres… À 87 ans, à quelqu’un qui demandait à Ingres pourquoi il copiait Giotto, Ingres répondit : pour apprendre.

Ce qui me frappe, quand je relis le texte précédant, c’est la chance que j’ai eue: par ma naissance, et la place de l’art dans ma famille, et par la fréquentation des ateliers de la ville de paris où on dessinait du nu, très accessible — à l’époque ! Ce qui m’a d’ailleurs permis de rencontrer Rémy Aron ! Les choses sont plus difficiles pour les jeunes maintenant : l’école des Beaux Arts « n’existe » plus, la société est vulgaire, les bourgeois incultes…
Rémy Aron a donné une trentaine d’années de sa vie à la transmission. Il n’en sera jamais assez remercié. Je garde un fil avec l’enseignement. Pendant le Covid, j’ai créé un cours de dessin sur Internet. Ce qui est merveilleux, c’est de constater que des êtres humains ont réussi à être heureux grâce au dessin dans cette immobilité forcée. En trente-huit ans d’enseignement, j’ai formé beaucoup d’amateurs et peut-être deux, trois peintres professionnels. Est-ce qu’ils auront les épaules pour mener une œuvre ?
Le discours prime actuellement. Notre peinture devrait se suffire à elle-même. La peinture, ce n’est déjà pas facile. On est ringardisés comme des « peintres de chevalet »… Il n’y a pas de soutien. Je ne suis pas sûre de laisser une œuvre, c’est pourquoi il faut transmettre ce petit métier qui est si confidentiel. J’ai le sentiment de faire de la résistance. J’ai des amis très déprimés, qui pensent qu’il y a la volonté de faire disparaître notre civilisation…pour ma part, j’essaie de me protéger pour pouvoir continuer à travailler, en me ressourçant avec la nature qui est plus fiable que les hommes…

Interview de Clémentine Odier réalisé en octobre 2020 pour sur-la-peinture.com
(le cas échéant citez vos sources)

 
Un peu plus sur Clémentine Odier ?

Le site de Clémentine

Une belle page de présentation  du parcours de Clémentine publiée par la galerie Peinture fraiche

4 réflexions au sujet de « L’interview de Clémentine Odier »

  1. SALLANTIN

    « très démoralisant sur la situation des peintres vivant et exerçant dans la tradition » écrit Clémentine Odier .
    Certes ! Tout a été fait pour démoraliser les peintres « exerçant dans la tradition » surtout française ! C’est un fait et non pas une théorie du complot….D’ailleurs c’est ce que confirme Olivier Cena dans le numéro hors série HISTOIRE DE LA PEINTURE FRANÇAISE CONTEMPORAINE (octobre 2020)

    Je savoure ce travail si à l’écart et comme au secret sachant que demain d’autres se jetteront dessus car il nous parle encore de peintres français savoureux tels Vuillard Bonnard Ker-X Roussel Maurice Denis, peintres qui ont apporté bien du prestige à la France à l’international.
    Je sais que la peinture de ce peintre est invisible comme la lettre du récit d’Edgar Poe et que c’est très démoralisant mais c’est ainsi que la transmission est assurée d’âge en âge par un petit nombre.
    Le souci du format (« le format le format le format », on dirait un prof avec sa règle) est une position très claire à l’opposé du all over , c’est-à -dire d’une peinture sans limites (sans commencement ni fin), une peinture qui a eu son heure de gloire avec d’immenses formats mais so what ?)
    Le souci du format exige un savoir de la composition que Clementine Odier possède, savoir que Balthus avait …je pense à lui car Clémentine Odier pousse la matière sans perdre la lumière et la clarté de la composition. Certes c’est terrien jusqu’à saturation mais comme par magie cette peinture remplie de motifs figuratifs (le nu, le violoniste, la fenêtre, le canapé, le piano …manque le chat ?) décolle et perd toute lourdeur. Mine de rien elle nous propose un petit exploit !
    Pour l’heure, avec de petits formats, c’est une peinture intimiste qui capte » le fin fonds du tréfonds de l’abîme » pour nous emporter tout là-haut. Le voyage n’est pas fini ! Qu’importe la vulgarité de l’époque, cela passera…. si nous ne sombrons pas, mais c’est, Ô combien, difficile d’échapper aux nombreux pièges du « brillant » et du « métier » pour retrouver l’innocence de l’enfant qui creuse un trou dans le sable pour y mettre la mer le soleil et un crabe à moitié mort, comme si c’était un trésor et d’une grande importance.

    http://ww.sallantin.fr

  2. Corinne LELEU

    Interview passionnante et enthousiasmante qui en cette période sombre et anxiogène ranime le besoin de voir du Beau. Le dessin la peinture comme rencontre avec le vivant. Clémentine nous ouvre les portes de son univers et donne envie de trouver pour soi « cet état magique où la main court toute seule ». Merci Madame.

  3. Dominique Praud

    Très bel interview. Merci à JL Turpein.
    Merci à Clémentine Odier pour vos retours profonds qui relatent votre chemin bien ardu.
    Vous êtes formidable et je conserve pour moi l’obsession du format. Sincèrement
    Dominique Praud

  4. Bouchi Lamontagne Nicolas

    Merci à toi Clémentine de m’avoir transmis, il y a de ça 22 ans, les bases de ce » petit métier » cette passion que j’éprouve encore aujourd’hui pour la peinture. Je me rappelle avec émotions nos cours et je n’ai pas eu la chance depuis de retrouver d’autre artiste aussi passionné par leur métier et avec cette même générosité de transmission. Actuellement, toujours dans la création puisque je travail principalement dans la décoration en parallèle de ma carrière personnelle que j’essaye de développer parallèlement, c’est justement ma soif de la peinture qui m’amène ici de nouveau, peut être aurons nous le plaisir de nous revoir prochainement, je vais tâcher de me renseigner sur ses cours virtuels que tu évoque. Malgré ses commentaires sur le métier qui tend à disparaître, je trouve aussi qu’il y a de nouvelles opportunités qui s’offrent à nous comme avec Instagram qui nous offre de nouveaux espaces de visibilité sur le monde, j’ai par exemple beaucoup apprécié récemment le travail de cette jeune artiste américaine https://instagram.com/isabelemrich?igshid=6k28wi690gdj bien à toi et à bientôt je l’espère…

    http://bouchilamontagne.fr

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